Idées Débats

Lundi 5 septembre 2011 1 05 /09 /Sep /2011 12:01

 L'institut Gustave Roussy de Villejuif Institut G. Roussy

"VOUS ATTENDREZ LONGTEMPS, VOUS ATTENDREZ CENT ANS"

 

C'est ce qu'a répondu le Professeur Georges Mathé (1922-2010) qui a été leader de la cancérologie française dans les années 60- 80. Et l'institution a recouvert d'une chape de plomb  les travaux et les propositions de prévention active des cancers du Docteur Gernez.Tout en pillant une petite partie de ses propositions en matière de traitement.

La malheur de l'affaire est que ça été la même chose pour les malades. On est en droit de poser la question: combien de morts?

A l'époque, les travaux menés sur la chimiothérapie des cancers ont duré autour de 50 ans. Ils sont aujourd'hui critiqués. L'immunothérapie préconisée par le Pr Mathé, a connu elle un échec retentissant.

Une "nouvelle" voie est aujourd'hui ouverte en matière de traitement. C'est la médecine personnalisée basée sur la génétique. Les travaux se mettent en place,  et nous sommes parti pour plusieurs  plusieurs décennies, avant, on peut le parier sans crainte,  d'être abandonnés.

Cette nouvelle voie de lutte contre les cancers rentre tout à fait dans les objectifs du 2ème plan 2009 –2013 dit plan Sarkozy. Ce nouveau projet aura l'avantage de permettre  d’annoncer chaque année la victoire sur le cancer …. pour l'année prochaine  et ainsi de suite. A condition bien sur, que chacun verse votre obole à la Ligue contre le cancer et autre ARC ......

  Docteur Jacques Lacaze

 

La revue médicale "Impact médecin"

a publié le 10 mars 2011 un très Alexender Egermont important entretien du  Pr Alexander Eggermont, (voir sa biographie:  A. Eggermont A. Eggermont  ) directeur général de l'Institut Gustave Roussy (IGR, Villejuif) sur les enjeux et les perspectives de cette médecine personnalisée en cancérologie.Voici de larges extraits de cet article:

 

 

«Cette médecine personnalisée prend une importance croissante en cancérologie. Fruit des progrès accomplis en biologie moléculaire, elle naît d’un constat : chaque individu est unique, chaque tumeur aussi et chaque traitement doit, en conséquence, être personnalisé. L’enjeu est de caractériser au plan moléculaire les tumeurs, à partir de prélèvements issus des patients ».

« Il s’agit d’identifier, dans les cellules tumorales, les mutations génétiques responsables de l’initiation d’un cancer, qu’elles soient héritées, liées à l’environnement ou au hasard, et d’en déterminer les conséquences cliniques ».

«Elle fait aussi appel à des techniques avancées de radiologie interventionnelle, afin de prélever les biopsies des tumeurs et des métastases ganglionnaires ou systématiques ».

« En 2010, un consortium nommé WIN (Worldwide Innovative Networking) a en effet été créé autour de « la médecine personnalisée en cancérologie ». Deux centres sont à l’origine de cette initiative : l’IGR et le M.D. Anderson Cancer Center de Houston (USA), qui sont respectivement les plus grands centres anti-cancéreux d’Europe de l’Ouest et au monde ».

 «  …  face aux enjeux colossaux de cette médecine, il faut des infrastructures très importantes, notamment en bio-informatique. Aucune équipe ne peut travailler seule. La masse critique réunie autour de WIN laisse espérer un grand bond en avant ! Ce consortium organise un congrès annuel, le prochain ayant lieu du 6 au 8 juillet 2011, au Palais des Congrès, à Paris ».

« Dans les années 1970 et 1980, on développait des chimiothérapies pour tous les patients atteints de cancers, en sachant que souvent seuls 10% à 20% des patients en tiraient bénéfice – alors que les effets secondaires de ces traitements concernaient tout le monde. Dans 20 ans, cette approche sera considérée comme « médiévale » !

«  … on a ainsi découvert que 4% des cancers pulmonaires sont caractérisés par un événement moléculaire qui les rend très réactifs à un nouveau médicament. Mais il faut tester (par un essai moléculaire) 100 malades avec un cancer du poumon, pour identifier les 4 patients qui tireront bénéfice du nouveau traitement. Ce traitement vient d’être approuvé par la FDA, et devrait être bientôt disponible dans le cadre d’une ATU en France (nb : Autorisation Temporaires d'Utilisation, voir le site : http://www.arcat-sante.org/essais/annexes/atu.html ».

« C’est un domaine de recherche très dynamique, avec des découvertes importantes tous les six mois ».. Là encore, ces médicaments devraient être disponibles sous forme d’ATU  ».

«  Autre donnée à prendre en compte : les effets des thérapies ciblées peuvent être très différents selon les ethnies. D’où l’intérêt du consortium WIN, fondé sur un réseau de laboratoires présents sur tous les continents ! »

« En 2011, notre objectif est de dresser le portrait moléculaire complet de 250 tumeurs et en 2012, de 350 à 400 tumeurs ».

«  … expérience unique, avec 20% des patients suivis à l’IGR qui sont inclus dans des essais cliniques (contre 4% pour l’ensemble des patients français en cancérologie), soit 2 100 patients sur les 11 000 nouveaux patients chaque année ».

 

QUELQUES COMMANTAIRES QUI S'IMPOSENT:

 - Il faut noter l'aveu de l'échec annoncé de la chimiothérapie.

 - Cette "nouvelle" voie ne prends pas en compte une notion essentielle:  la carcinogénèse - c'est à dire la naissance de cellules potentiellement cancéreuses - est permanente.  "Tout organisme adulte génère en une seule journée beaucoup plus de cellules de ce type qu'il ne s’en traduira cliniquement en France sous forme de cancers détectables en une seule année" (Docteur Gernez).  La cancérisation, c'est à dire l'évolution d'une de ces cellules vers un cancer est statistiquement exceptionnelle par rapport aux nombre considérable de cellules potentiellement cancéreuses.

Bien sur à échelle humaine ce nombre de cancers, qui augmente d'année en année est très important et le cancer occupe les premières places des causes de mortalité.

Le sort normal d'une cellule mutante potentiellement cancéreuse est l'extinction. Seules des circonstances particulières: les "causes" des cancers: infections chroniques prolongées, déficit en tel ou tel produit vital nécessaire (comme le magnésium) stress à répétition, excès en hormone de croissance .... permettrons l'émergence d'un cancer chez une personne.

 

 - Par contre le volet financier de cette nouvelle voie est considérable. Voir par exemple, l'accord avec le laboratoire IPSEN, cliquez sur:  link

Elle impose de faire des tests très sophistiqués durant des années et des années pour mettre en route ces fameux traitements ciblés.

 

Je laisse les lecteurs réfléchir et commenter cette orientation. Je prends la pari qu'elle va connaître un échec retentissant après de multiples appels à la générosité publique, comme ceux qui se déroulent depuis un demi siècle.

Pourtant deux idées simples diffusées par l'institution médicale elle même:

1) il faut diagnostiquer un cancer le plus tôt possible pour obtenir sa guérison,

2) la vie cachée d'un cancer est d'au moins 6 ans,

permettent de comprendre que la meilleure solution est d'intervenir durant cette période muette, c'est à dire de mettre en place une politique de santé publique de prévention active des canacers. le Docteur André Gernez a défini une telle politique. Vérifier et mettre au point des protocoles pourrait être réalisé très facilement et très rapidement, et infiniment plus que le "nouveau" programme qui ne va qu'enrichir l'industrie pharmaceutique.

C'est à nous de l'imposer.

Par Jacques Lacaze - Publié dans : Idées Débats - Communauté : santé-medecine
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 30 août 2011 2 30 /08 /Août /2011 09:24
 

La science aveuglePRESENTATION

DE L’OUVRAGE

PAR L’EDITEUR

Depuis cinquante ans, on nous promet des lendemains thérapeutiques qui chantent mais la mortalité par cancer n’a cessé d’augmenter. Face aux annonces fracassantes concernant l’avenir  de la santé publique, le profane aimerait bien y voir clair. L’exemple  du cancer placé en début d’ouvrage illustre les enjeux et la pertinence  de ce besoin de clarification. Parce qu’ils seraient détenteurs  de LA vérité « objective » et des clés DU progrès, les scientifiques, notamment  ceux du monde biomédical, seraient-ils « intouchables » ?

C’est au voyage à l’intérieur de l’institution scientifique et du monde des « savants » auquel Michel Schiff nous invite dans cet ouvrage. Un monde qu’il connaît bien pour y avoir effectué toute sa carrière (au sein du CNRS) et dont il nous dévoile le fonctionnement interne. A travers des exemples  concrets , on découvre qu’au lieu d’être des explorateurs- comme ils le disent et le croient – la plupart des scientifiques ont des œillères. Loin de constituer des bavures, ces exemples illustrent le fonctionnement habituel des chercheurs : non seulement ils ont la mémoire courte mais ils sont très souvent les adeptes d’une « pensée unique ».

L’objectif de l’auteur n’est pas de diaboliser la science mais de la démythifier en illustrant l’aveuglement de ses praticiens. Ses analyses de l’institution scientifique sont argumentées  et documentées, même si elles sont parfois teintées d’humour. Au-delà d’une critique percutante, l’auteur propose au lecteur des repères pour se libérer de l’emprise des experts : repères intellectuels et techniques, repères psychologiques, repères politiques et sociaux.

L’ouvrage se termine par un dialogue avec Bernard Cassou, médecin et professeur de santé publique.

 

_________________

MICHEL SCHIFF UN TRES

GRAND HUMANISTE, TOUJOURS D'UNE BRULANTE ACTUALITE

 

Michel Schiff a donc été chercheur au CNRS. Il a d’abord fait une carrière comme physicien en travaillant sur les particules élémentaires aux Etats-unis et en France. Puis il a travaillé à l’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale)   dans le domaine de la psychologie. Il a publié en 1982 : « L’intelligence gaspillée ».

Il a écrit plusieurs ouvrages consacrés à la démystification de la place des experts dans notre société : « L’homme occulté », « Un cas de censure dans la science », « La barbarie financière ».

« Un cas de censure dans la science » expose le mécanisme qui a conduit une partie de l’institution scientifique à mettre en cause, avec des méthodes relevant de l'inquisition,  les travaux de Jacques Benveniste sur ce qu’on a appelé la mémoire de l’eau.  Ces travaux sont aujourd’hui vérifiés par de nombreuses équipes dans le silence et les sarcasmes institutionnels. Aujourd'hui,  un prix Nobel continue à explorer la voie ouverte par Jacques Benveniste : le professeur Luc Montagnier.

J’ai rencontré Michel Schiff pour la première fois lors d'une conférence publique de Jacques Benveniste.

 

En juin 1996, l’Ordre des Médecins me poursuivait pour « exercice illégal de la pharmacie. Michel Schiff est venu à ce procès, (que j’ai gagné).

En 1998, il a co-dirigé, avec Bernard Cassou l’ouvrage : «  Qui décide de notre santé ? Le citoyen face aux experts ».

« La science aveugle »publié début 2003  est son dernier livre. Michel Schiff est décédé en décembre 2004.

En 1996, je suis intervenu sur la question du vaccin contre l’hépatite virale B en mettant en route une pétition  qui a été paraphée par environ 1500 médecins, et qui réclamait un moratoire de cette campagne de vaccination, moratoire qui aurait dù permettre d’évaluer l’incidence réelle de cette infection dans notre pays et les conséquences du vaccin. En effet il est apparu très rapidement que les chiffres donnés par le ministre de la santé - qui avait lancé dramatiquement la campagne (Douste-Blazy) étaient très sujets à caution, totalement faux pour dire court. Le ministre qui lui a succédé  - un certain Bernard Kouchner – a interrompu cette campagne de vaccination après la pétition. Un des buts de mon intervention était de casser le face à face « vaccinalistes » et « anti-vaccinalistes » pour reprendre les termes classiques, face à face stérile et perdant. Beaucoup de publications sur la santé et d’associations s’étaient ralliées à cette idée de moratoire. Des procès ont été gagnés par des victimes du vaccin. Chacun connaît la suite, industrie pharmaceutique et médecins ont fait le dos rond quelques années, puis ont relancé la vaccination chez les nourrissons. Puis le vaccin criminel « contre le cancer de l’utérus » a été mis en route à grand renfort de publicités illégales sur les chaînes de télé entre autres.

Quand en 1998, Michel Schiff a mis en route « Qui décide notre santé ? » il m’a demandé d’écrire un article sur la vaccination contre l’hépatite B, sous le titre : santé publique ou marketing ?

Je l’ai vu plusieurs fois par la suite. Il m’a proposé de mettre en route une association pour informer le public, nous avions aussi discuté de la place des travaux du Docteur André Gernez. Michel Schiff est décédé en décembre 2004 et ces projets ont été arrêtés.

 

Il faut lire les ouvrages de Michel Schiff, toujours d’une brûlante actualité en particulier « La science aveugle ».

jacques-lacaze.com


PS, je l’ai vu en vente sur Amazon pour 1

 

Par Jacques Lacaze - Publié dans : Idées Débats - Communauté : santé-medecine
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 1 avril 2011 5 01 /04 /Avr /2011 09:33

L’Europe des industriels n’est pas en panne

Rien de nouveau sous le soleil européen ! Présentée lors du sommet européen des 25 et 26 mars 2010, la proposition de stratégie décennale de l'UE apparaît largement calquée sur les recommandations de la Table Ronde des Industriels, le club des grand patrons européens. Dérégulation du marché de l'emploi, réduction des services publics, pseudo-écologie intéressée... L'UE confirme qu'elle n'est pas une institution au service des peuples. Business as usual ! (IGA)

 

Voir l'article de Julie Morange, dans Investig'action de Michel Collon: cliquez sur:  link

 

Article à lire absolument si on a le désir sincère de comprendre les politiques menées depuis au moins les 30 dernières années par la gauche et la droite.

Par Jacques Lacaze - Publié dans : Idées Débats
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 16 janvier 2011 7 16 /01 /Jan /2011 12:22

L'INDUSTRIE PHAMACEUTIQUE N'A QU'UN BUT: REALISER DU PROFIT SUR LA SANTE

DES POPULATIONS.

C'EST UNE INDUSTRIE QUI PRATIQUE LA FRAUDE

ET LE MENSONGE A TRES GRANDE ECHELLE.

 

Cette vidéo dure 7 minutes et demi, elle est sous-titrée. Il faut la voir absolument, cliquez link

 

      Les gouvernements des USA comme de la France, sont au service des industriels, de l'industrie phamaceutique en particulier, des financiers, des spéculateurs, des gros actionnaires bref de la finance capitaliste. En France l'histoire du Médiator qui démontre la proximité étroite du président avec l'entreprise phamaceutique Servier en est un exemple frappant.

      Cette industrie n'a qu'un but gagner de l'argent, beaucoup d'argent et le plus vite possible. C'est la loi fondamentale du système capitaliste. Et pour ces gens - encore une fois l'histoire du médiator l'illustre bien - tous les coups sont permis absolument tous, y compris de contrôler étroitement et à leur profit les servies  publics .... chargés du contrôle!

      C'est comme le virus du SIDA, qui s'attaque aux lymphocytes chargés de défendre notre organisme ! ! !

      Ces gens à tous les niveaux de la chaîne de production du médicaments  pratiquent le mensonge, la fraude sans même plus le cacher!

      Malheureusement, c'est dans tous les domaines  que ces pratiques existent: Santé, Économie, Histoire, Science, Culture, Agronomie, Politique...etc...

       Pour moi, qui me définis comme militant pour le communisme, la solution est bien de se débarrasser de ce vieux monde avant qu'il ne se débarrasse définitivement de nous tous!

      Pour moi être militant pour le communisme, c'est être totalement dans l'histoire de l'Humanité. Le communisme a commencé avec les premiers hommes qui on mis en commun leurs ressources, leur force pour progresser et sé défendre. Il est illustré par la révolte des esclaves conduite par Spartacus, par Gracchus Babeuf le grand révolutionnaire de la Grande Révolution Française, par la Commune de Paris de 1971, par l'Union Soviétique et le camps socialiste. J'ai appris avec surprise que majoritairement dans la plupart des pays de l'ex camp socialiste - y compris en Roumanie - la majorité de la population regrette la période socialiste et souhaite son retour, et ceci malgré les réels travers de ces régimes. C'étais du travail pour tous, la protection sociale et la médecine gratuite, l'éducation gratuite,qui sont surtout regretté. Alors pour moi, oui au communisme, mais au communisme du XXI ème siècle entièrement à réinventer en s'appuyant sur la vérité historique qui appartient  à tout le monde du Mouvement Communiste sous toute ses formes, qui donc ne se résume pas à l'expérience des pays socialiste, même si elles sont les plus importantes. Nous sommes tous concernés!


Jacques Lacaze

 

Ne quittez pas la page sans regarder ce que dit le Professeur Philippe Even sur les labos paramaceutiques et la médecine: "au service des classes aisées du monde occidental": cliquez sur  link

Par Jacques Lacaze - Publié dans : Idées Débats - Communauté : santé-medecine
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mercredi 1 décembre 2010 3 01 /12 /Déc /2010 16:08

MICHEL CHOSSUDOVSKI:

ENTRETIEN AVEC

FIDEL CASTRO

Le texte de cet entretien est long, détaillé, mais il est capital. Il ouvre un débat majeur par une des grande figures du XX et XXI ème siècle. Il faut absolument se donner la peine de le lire. La lutte des idées pour vraiment sauver notre planète et l'Humanité en est l'enjeu. Le texte est très lo, mais il faut le lire jusqu'au bout!            Jacques Lacaze

AVANT-PROPOS de Michel Chossudovski

 

Du 12 au 15 octobre 2010, j’ai soutenu à La Havane des entretiens prolongés et détaillés avec Fidel Castro au sujet des périls d’une guerre nucléaire, de la crise économique mondiale, du caractère du Nouvel Ordre mondial et d’autres points.

La première partie de ces Entretiens publiée par mondialisation.ca et CubaDebate est axée sur les périls d’une guerre nucléaire. Le monde se trouve à un tournant dangereux. Nous avons atteint un point critique décisif dans notre histoire.

Les entretiens avec Fidel Castro offrent une interprétation de la nature de la guerre moderne : si les États-Unis et leurs alliés décidaient de lancer une opération militaire contre la République islamique d’Iran, ils ne pourraient pas remporter une guerre conventionnelle et il se pourrait dès lors que celle-ci se convertisse en une guerre nucléaire.

On a occulté à l’opinion publique les détails des préparatifs militaires contre l’Iran.

Comment faire face au présupposé diabolique et absurde de l’administration étasunienne : le recours aux armes nucléaires tactiques contre l’Iran rendra le monde plus sûr ?

Le leader de la Révolution cubaine formule un concept de base : la « bataille d’idées ». Seule une grande bataille de ce genre pourrait modifier le cours de l’histoire mondiale, afin d’empêcher l’impensable : une guerre nucléaire qui menace de détruire la vie sur la planète.

Les médias transnationaux participent à ce camouflage en minimisant ou en passant sous silence les conséquences dévastatrices d’une guerre nucléaire. En de telles circonstances, il faudra donc écouter le message de Fidel au monde ; tous les peuples de la planète devront comprendre la gravité de la situation et agir énergiquement à tous les niveaux de la société pour inverser le cours des événements.

La « Bataille d’idées » fait partie d’un processus révolutionnaire. Face à ce torrent de désinformation, Fidel Castro est décidé à répandre la parole d’un bout à l’autre du monde, à informer l’opinion publique mondiale, à « rendre l’impossible possible », à empêcher une équipée militaire qui menace, au vrai sens du mot, l’avenir de l’humanité.

Quand une guerre parrainée par les USA se convertit en un « instrument de paix », et que les institutions mondiales et les plus hautes autorités mondiales, dont l’ONU, l’approuvent et l’acceptent, on atteint un point de non-retour : la société humaine court irréversiblement à sa perte.

La « Bataille d’idées » prônée par Fidel doit se traduire en un mouvement mondial. Les peuples doivent se mobiliser contre ces visées bellicistes diaboliques.

Les peuples pourront éviter cette guerre s’ils mettent la pression sur leurs gouvernements et sur leurs représentants élus, s’ils s’organisent localement dans les villes, les villages et les communes, s’ils répandent la parole, s’ils informent leurs concitoyens des conséquences d’une guerre thermonucléaire et s’ils engagent des débats et des délibérations avec les forces armées.

Il faut un mouvement massif des peuples qui conteste énergiquement la légitimé de la guerre, un mouvement mondial des peuples qui la pénalise.

Dans son message du 15 octobre, Fidel Castro a averti le monde des périls d’une guerre nucléaire : « Les dirigeants politiques et militaires des USA nous disent que la guerre provoque des dommages collatéraux, ce qui leur permet de justifier la mort d’innocents. Dans une guerre nucléaire, le dommage collatéral serait tout simplement l’existence même de l’humanité. Ayons le courage de dire tout haut que toutes les armes, qu’elles soient nucléaires ou classiques, que tout ce qui sert à faire la guerre doit disparaître ! »

La « Bataille d’idées » consiste à faire front aux criminels de guerre qui occupent de hautes responsabilités afin de briser le consensus – piloté par les USA – en faveur d’une guerre mondiale, de modifier la mentalité de centaines de millions de personnes, d’abolir les armes nucléaires. Bref, la « Bataille d’idées » consiste dans son essence à restaurer la vérité et à jeter les fondations d’un monde de paix.

Michel Chossudovsky,

Centre de recherche sur la mondialisation (CRG) www.mondialisation.ca,

Montréal le 11 novembre 2010, Jour du souvenir

 

« Si les USA font le choix de la guerre classique en Iran, ils la perdront. Et l’alternative de la guerre nucléaire n’en est une pour personne. Par ailleurs, la guerre nucléaire se convertirait inévitablement en une guerre nucléaire mondiale. »

« Je crois que personne au monde ne désire l’extinction de l’espèce humaine. Voilà pourquoi je suis d’avis qu’il faut faire disparaître non seulement les armes nucléaires, mais aussi les armes classiques. Il faut offrir des garanties de paix à tous les peuples sans distinction. »

« Dans une guerre nucléaire, le dommage collatéral serait tout simplement l’existence même de l’humanité. Ayons le courage de dire tout haut que toutes les armes, qu’elles soient nucléaires ou classiques, que tout ce qui sert à faire la guerre doit disparaître ! »

« Exigeons que le monde ne soit pas conduit à un désastre nucléaire, exigeons la préservation de la vie. »

Fidel Castro Ruz, octobre 2010

L'ENTRETIENS:

 

Michel Chossudovsky. Je me sens très honoré d’avoir l’occasion d’échanger avec vous sur des questions si fondamentales, qui concernent la société humaine dans son ensemble, et sur la notion que vous avez présentée dans vos dernières Réflexions, la menace qui pèse sur l’Homo sapiens, et qui me semble essentielle.

Alors, quelle est donc cette menace, ce danger de guerre nucléaire et la menace qui pèse sur les êtres humains, sur l’Homo sapiens ?

Fidel Castro Ruz. Depuis bien longtemps, des années, dirai-je, mais surtout depuis plusieurs mois, je m’inquiète de l’imminence d’une guerre dangereuse qui se convertirait vite en guerre nucléaire.

Avant, j’avais axé mes efforts sur l’analyse du système capitaliste en général, sur les méthodes que la tyrannie impériale a imposées à l’humanité. Les USA violent dans le monde les droits humains les plus élémentaires.

Pendant la Guerre froide, on ne parlait pas de guerre, ni des armes nucléaires ; on parlait d’une paix apparente, censément garantie entre l’URSS et les USA, selon la fameuse théorie de la « destruction mutuelle garantie », et il semblait que le monde allait jouir des délices d’une paix prolongée pour une durée illimitée.

 

Michel Chossudovsky. La fin de la Guerre froide a mis fin à cette notion de « destruction mutuelle » et la doctrine nucléaire a été reformulée. En fait, personne ne pensait à une guerre nucléaire pendant la Guerre froide. Il existait un danger, bien entendu, comme l’a même dit Robert McNamara à un moment donné… Mais la doctrine nucléaire a été reformulée à partir de la fin de la Guerre froide et surtout à compter du 11 septembre.

Fidel Castro Ruz. Vous m’avez demandé quand j’ai commencé à me rendre compte du danger imminent de guerre nucléaire. Je vous l’ai dit : voilà à peine six mois. L’un des faits qui a le plus attiré mon attention à cet égard est le torpillage du Cheonan durant des manœuvres militaires, le meilleur navire de la marine sud-coréenne, dernier cri. C’est ces jours-là que j’ai trouvé sur le site Global Research l’article de ce journaliste qui offrait une information claire et vraiment cohérente du torpillage du Cheonan, qui ne pouvait pas être l’œuvre d’une torpille lancée par un sous-marin nord-coréen vieux de plus de soixante ans, de fabrication soviétique, alors que le Cheonan n’avait pas besoin d’être doté d’appareils de pointe pour le repérer au cours de manœuvres conjointes avec les bâtiments les plus modernes des USA !

Cette provocation contre la République populaire et démocratique de Corée s’ajoutait à mes inquiétudes déjà plus anciennes au sujet d’une agression contre l’Iran dont je suivais de près l’évolution politique. Je savais parfaitement ce qu’il s’était passé dans les années 50 quand l’Iran avait nationalisé les biens de British Petroleum, qui s’appelait alors Anglo Persian Oil Company.

C’est le 9 juin dernier que les menaces contre l’Iran deviennent à mes yeux totalement réelles, quand le Conseil de sécurité adopte la Résolution 1929 qui condamne ce pays pour ses recherches dans le domaine nucléaire et pour avoir produit une petite quantité d’uranium enrichi à 20 p. 100, et l’accuse de constituer une menace pour le monde. On connaît les positions de chaque membre du Conseil de sécurité : 12 voix pour, dont les 5 à droit de veto, 1 abstention et 2 contre, le Brésil et la Turquie. Une fois cette résolution adoptée, la plus agressive de toutes, un porte-avions étasunien dans le cadre d’un groupe de combat et un sous-marin nucléaire franchissent presque aussitôt le canal de Suez avec la coopération du gouvernement égyptien, et sont ensuite rejoints par des bâtiments israéliens dans le golfe Persique et dans les eaux avoisinantes.

Les sanctions imposées à l’Iran par les USA et leurs alliés de l’OTAN sont absolument abusives et injustes. Et je ne comprends pas pourquoi la Russie et la Chine n’ont pas mis leur veto à cette dangereuse Résolution 1929 du Conseil de sécurité des Nations Unies. De mon point de vue, ça a compliqué terriblement la situation politique et mis le monde au bord de la guerre.

Je me suis souvenu des attaques israéliennes contre des centres de recherche nucléaire de pays arabes : d’abord, en Iraq en juin 1981, sans demander la permission à personne, sans en parler à personne, et l’Iraq a accusé le coup ; ensuite, en 2007, contre un centre de recherche en chantier en Syrie. Dans ce dernier épisode, il y a quelque chose que je ne comprends pas : la tactique, autrement dit les raisons pour lesquelles la Syrie n’a pas dénoncé cette attaque israélienne contre un centre de recherche où elle travaillait incontestablement à quelque chose avec la coopération de la Corée du Nord, quelque chose de légal…

J’avoue franchement ne pas comprendre. Il aurait été important de dénoncer cette attaque. Ce sont là deux précédents très importants.

Il y a bien d’autres raisons, à mon avis, pour penser qu’on tentera de faire pareil contre l’Iran, autrement dit de détruire ses centres de recherche ou ses centres de production d’énergie. Le résidu de l’uranium utilisé dans la production d’électricité, c’est, on le sait, le plutonium.

 

Michel Chossudovsky. Il est vrai que cette Résolution du Conseil de sécurité annule en quelque sorte le programme de coopération militaire que la Russie et la Chine ont avec l’Iran, en particulier celui de la Russie au système de défense antiaérienne, avec le système S-300.

Juste après cette décision du Conseil de sécurité entérinée par la Chine et la Russie, le ministre russe des affaires étrangères a dit : « Nous avons approuvé cette Résolution, mais ça ne va pas interrompre notre coopération militaire avec l’Iran. » C’était en juin. Mais quelques mois après, Moscou a confirmé que cette coopération militaire serait interrompue, si bien que l’Iran se retrouve dans une situation très grave parce qu’il a besoin de la technologie russe pour maintenir sa sécurité, sa défense antiaérienne.

Mais toutes les menaces à la Russie et à la Chine visent à ce que ces deux pays ne se mêlent pas de l’Iran, autrement dit qu’en cas de guerre, ils n’interviennent absolument pas, après avoir suspendu leur coopération militaire. C’est là une manière d’étendre la guerre au Moyen-Orient sans confrontation avec la Russie et la Chine. Je crois que c’est un peu le scénario actuel.

Les menaces envers la Russie et la Chine sont multiples aux différentes frontières. Le fait que les frontières de Chine soient militarisées, la mer au sud de la Chine, la Mer jaune, la frontière avec l’Afghanistan, le détroit de Taïwan, tout ceci est en quelque sorte une menace pour dissuader la Chine et la Russie de jouer un rôle de puissances dans l’arène géopolitique mondiale et pour préparer le terrain et le consensus en vue d’une guerre contre l’Iran, qui devrait se battre alors que son système de défense antiaérienne est affaibli… En anglais, il existe une expression : a sitting duck, qui veut dire littéralement « un canard assis » et au figuré : une cible facile. Disons donc que l’Iran est une cible facile compte tenu de ses possibilités de défense antiaérienne

Fidel Castro Ruz. À mon avis modeste et serein, il aurait fallu bloquer cette Résolution..

Ça a tout compliqué à plusieurs égards. Sur le plan militaire, comme vous l’avez expliqué, les Russes s’étaient engagés à livrer des S-300 à l’Iran et avaient signé des contrats. Ce sont des armes antiaériennes très efficaces. Ensuite, il y a les livraisons de carburant qui sont très importantes pour la Chine, parce que c’est le pays dont la croissance est la plus forte, et que son économie exige le plus de pétrole et de gaz. Bien qu’il existe des accords avec la Russie de livraisons de pétrole et de gaz, que la Chine développe aussi l’énergie éolienne et d’autres formes d’énergie renouvelables, qu’elle possède d’énormes réserves de charbon, son énergie nucléaire ne croîtra pas beaucoup et ne produira que 5 p. 100 de l’électricité requise, et ce pour bien des années encore, et elle aura donc besoin de beaucoup de gaz et de pétrole, et je ne conçois vraiment pas comment elle pourra obtenir cette énergie et à quel prix si le pays où elle a fait de gros investissements est détruit par les USA !

Mais le risque pire est une guerre de ce genre contre l’Iran. Qui est un pays musulman, qui possède des millions de combattants entraînés et absolument motivés.

L’Iran compte des dizaines de millions de personnes qui ont suivi un entraînement militaire, formés du point de vue politique et entraînés, des millions d’hommes et de femmes entraînés et n’ayant pas peur de mourir. Ce sont des gens qui ne vont pas se laisser intimider et que la force ne va pas faire changer. Par ailleurs, vous avez les Afghans – assassinés par les drones – les Pakistanais, les Iraquiens, qui ont vu mourir de un à deux millions de leurs compatriotes par suite de la guerre antiterroriste engagée par Bush. Vous ne pouvez pas gagner une guerre contre le monde musulman. C’est insolite ! C’est de la folie !

 

Michel Chossudovsky. Et c’est tout à fait vrai : ses forces classiques sont énormes. L’Iran peut mobiliser du jour au lendemain plusieurs millions de soldats à la frontière iraquienne, à la frontière afghane, et même s’ils mènent une guerre type blitzkrieg, les USA ne pourront pas éviter une guerre classique tout près de leurs bases militaires dans la région.

Fidel Castro Ruz. Cette guerre classique, ils la perdraient. Personne ne peut gagner une guerre classique contre des millions de soldats et de personnes. La population de tout un pays ne va pas se concentrer à un endroit pour que les Étasuniens la tuent !

J’ai été guérillero, et je me rappelle avoir dû beaucoup penser à la manière dont il fallait utiliser nos forces, et je n’aurais jamais commis l’erreur de les concentrer, parce que plus vos forces sont concentrées et plus les armes de destruction massive vous causeront de pertes.

 

Michel Chossudovsky. Vous avez dit que l’appui de la Chine et de la Russie à la Résolution 1929 au Conseil de sécurité était très important, car elles se font du tort à elles-mêmes. D’abord, la Russie ne peut plus exporter d’armes, qui sont sa principale source de devises, d’autant que l’Iran était l’un des principaux acheteurs. Ça revient donc à tarir une entrée de devises importante qui soutient l’économie de consommation et les besoins de la population russe.

Vous avez aussi signalé à quel point la Chine a besoin de l’énergie pour sa croissance économique. En fait, que la Chine et la Russie aient rejoint le consensus au Conseil de sécurité veut dire en quelque sorte : « Nous acceptons que vous tuiez notre économie, que vous interrompiez nos accords commerciaux avec un pays tiers. » C’est très grave. Le tort n’est pas seulement contre l’Iran, mais aussi pour ces deux pays. Je ne suis pas un homme politique, mais je suppose qu’il a dû y avoir de terribles divisions au sein des dirigeants russes et chinois pour que ces deux pays acceptent de ne pas opposer leur veto au Conseil de sécurité.

Des journalistes russes m’ont dit que ce n’est pas là un consensus du gouvernement en tant que tel, mais une ligne de conduite. Mais des gens au gouvernement ont d’autres points de vue sur les intérêts de la Russie et sur son attitude au Conseil de sécurité. Comment voyez-vous ça ?

Fidel Castro Ruz. Comment je vois la situation générale ? Si les USA font le choix de la guerre classique en Iran, ils la perdront. Et l’alternative de la guerre nucléaire n’en est une pour personne.

Par ailleurs, la guerre nucléaire se convertirait inévitablement en une guerre nucléaire mondiale. D’où, à mon avis, la dangerosité de la situation actuelle vis-à-vis de l’Iran, compte tenu des raisons que vous avancez et de bien d’autres données qui me font conclure que la guerre prendrait un caractère nucléaire.

 

Michel Chossudovsky. Autrement dit, comme les USA et leurs alliés sont incapables de gagner une guerre classique, ils vont recourir à l’arme nucléaire, mais comme ils ne peuvent pas non plus gagner cette guerre, nous allons tout perdre.

Fidel Castro Ruz. Tout le monde la perdrait. C’est une guerre que nous perdrions tous ! Que gagnerait la Russie à une guerre nucléaire ? Et la Chine ? Quel caractère aurait cette guerre, comment le monde réagirait-il, quels effets aurait-elle sur l’économie mondiale ? Vous l’avez expliqué à l’Université de La Havane, quand vous avez parlé du système de défense centralisé mis au point par le Pentagone. Ça ressemble à de la science-fiction, ça n’a plus rien à voir avec la Deuxième Guerre mondiale. L’autre point, aussi, est très important : la tentative de convertir les armes nucléaires en armements tactiques classiques.

Aujourd’hui même, 13 octobre, j’ai lu dans une dépêche de presse que les habitants d’Hiroshima et Nagasaki protestaient énergiquement devant les essais nucléaires dits subcritiques réalisés par les USA. On les appelle comme ça parce que l’arme nucléaire est utilisée sans qu’on déploie toute l’énergie que permettrait la masse critique.

La voici. Son titre : « Indignation à Hiroshima et à Nagasaki pour un essai nucléaire des USA. »

Hiroshima et Nagasaki, les deux villes japonaises victime d’une attaque nucléaire à la fin de la Deuxième Guerre mondiale ont déploré aujourd’hui que les USA aient réalisé en septembre dernier un essai nucléaire dit subcritique, parce qu’il ne déclenche pas de réactions nucléaires en chaîne.

L’essai, le premier de ce genre dans ce pays depuis 2006, a eu lieu le 15 septembre dans un centre du Nevada, aux États-Unis. Selon le journal Japan Times, il a été confirmé officiellement par le département de l’Énergie.

Que dit ce journal ? « Je le déplore profondément parce que j’espérais que le président Barack Obama prendrait la tête en vue de l’élimination des armes nucléaires", a déclaré aujourd’hui le gouverneur de Nagasaki, Hodo Nakamura, en conférence de presse. »

Vient toute une série de nouvelles à ce sujet.

« L’essai a aussi provoqué des protestations parmi les habitants d’Hiroshima et de Nagasaki, dont celles de plusieurs survivants des bombes nucléaires qui ravagèrent ces deux villes en août 1945.

« Nous ne pouvons pas tolérer cette action des USA qui trahit la promesse du président Barack Obama de progresser vers un monde dénucléarisé", a affirmé Yukio Yoshioka, sous-directeur du Conseil des victimes de la bombe nucléaire d’Hiroshima.

« Le gouvernement a déclaré qu’il n’avait pas l’intention de protester. »

Il laisse ça au domaine social. On lit ensuite : « Ceci porte à vingt-six la quantité d’essais nucléaires subcritiques réalisés par les USA depuis juillet 1997, date de la première. »

La dépêche ajoute : « Washington estime que ces essais ne violent pas le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (CTBT), car ils ne déclenchent pas de réactions en chaîne et ne dégagent donc pas d’énergie nucléaire, de sorte qu’on peut le considérer des essais de laboratoire. »

Les États-Unis disent que ces essais sont indispensables à la sécurité de leur arsenal nucléaire. Comme ils ont de grands arsenaux nucléaires, ils doivent les protéger.

 

Michel Chossudovsky. Revenons à la menace contre l’Iran. Vous dites que les USA et leurs alliés ne peuvent pas gagner une guerre conventionnelle. C’est vrai. Mais l’arme nucléaire pourrait être utilisée en remplacement d’une guerre classique, et ça, c’est de toute évidence une menace à l’humanité, comme vous l’avez souligné dans vos écrits.

Ce qui m’inquiète, c’est de voir se développer, après la Guerre froide, la notion d’arme nucléaire à visage humanitaire, sous prétexte qu’il ne s’agirait pas d’une arme dangereuse pour les civils. Il s’agirait en quelque sorte de changer l’étiquette de l’arme nucléaire. Selon ces concepts, l’armée nucléaire ne se différencie pas de l’arme conventionnelle. Et maintenant, les manuels militaires disent que l’arme nucléaire tactique ne fait pas de mal aux civils. Au point que, dans une situation donnée, ceux qui décideraient d’attaquer l’Iran à l’arme nucléaire ne se rendraient même pas compte des conséquences que cela pourrait voir pour le Moyen-Orient, l’Asie centrale, mais aussi pour l’ensemble de l’humanité, car ils pourraient dire : « De notre point de vue, cette arme nucléaire est différente de celle de la Guerre froide, et nous pouvons l’employer contre l’Iran pour garantir la paix mondiale. »

Comment voyez-vous ça ? C’est là quelque chose de terriblement dangereux, parce qu’ils croient à leur propre propagande. Une propagande interne au sein des forces armées, au sein de l’appareil politique.

Selon les documents rendus publics en 2002, en 2003, au sujet de l’arme nucléaire tactique, le sénateur Edward Kennedy a même dit à cette époque que c’était une manière d’effacer la frontière entre armes conventionnelles et armes nucléaires. Or, nous y sommes. Nous sommes à une époque où l’arme nucléaire n’est pas différente de la Kalachnikov… J’exagère, bien entendu, mais ça fait partie en quelque sorte de la boîte à outils – c’est l’expression qu’ils utilisent – d’où ils tirent l’armement à employer, si bien que l’arme nucléaire tactique pourrait être employée sur un théâtre de guerre classique. Ça nous conduirait à des scénarios impensables : une guerre nucléaire régionale qui aurait des répercussions à l’échelle planétaire.

Fidel Castro Ruz. J’ai écouté ce que vous avez dit au cours de la Table ronde télévisée : que ces armes, censément inoffensives pour les habitants proches du lieu d’impact, ont une puissance explosive allant d’un tiers à six fois celle de la bombe qui fut lancée sur Hiroshima.Or, on connaît parfaitement les terribles dommages qu’elle a causés. Une seule bombe a tué instantanément cent mille personnes. Imaginez une bombe six fois plus puissante, ou deux fois, ou aussi puissante, ou seulement le tiers… C’est absurde !

Vous avez aussi parlé à l’Université de la tentative de la présenter comme une arme humanitaire dont pourraient disposer les troupes en opérations. De sorte qu’à un moment donné, un commandant d’une zone d’opération pourrait décider de l’employer parce que plus efficace que les autres, ce qui serait son devoir dans le cadre des doctrines militaires et des enseignements donnés dans les écoles militaires.

 

Michel Chossudovsky. Dans ce sens, je ne crois pas que cette arme nucléaire soit utilisée sans l’aval, mettons, du Pentagone ou du commandement centralisé, mais je crois qu’elle pourrait l’être sans celui du président des USA et du commandant en chef des forces armées, autrement dit le président en personne. Bref, nous ne sommes plus du tout dans la logique de la Guerre froide, avec son téléphone rouge…

Fidel Castro Ruz. Je comprends que ce que vous dites, professeur, au sujet de cette arme qui serait utilisée comme faculté des instances supérieures du Pentagone, et il me semble correct que vous le précisiez pour qu’on ne vous accuse pas d’exagérer le danger de cette arme.

Mais, quand on sait les antagonismes et les discussions entre le Pentagone et le président des USA, on ne doute guère de ce que serait la décision du Pentagone au cas où le chef d’un théâtre d’opérations demanderait l’autorisation d’employer cette arme s’il le juge nécessaire ou indispensable.

 

Michel Chossudovsky. Il y a un autre facteur : le déploiement actuel des armes nucléaires dans plusieurs pays européens membres de l’OTAN, qui implique tout un déploiement d’armes nucléaires tactiques, en Turquie, en Italie, en Allemagne, si bien que des tas de petites bombes nucléaires se trouvent tout près du théâtre d’opération. Et, par ailleurs, il y a Israël.

De toute façon, je ne crois pas qu’Israël lance une guerre à son compte. C’est impossible des points de vue stratégique et décisionnel. Dans la guerre moderne, où les systèmes de communications, de logistique et tout le reste sont centralisés, c’est là une décision centralisée. Mais il se pourrait que les USA lui donnent le feu vert et qu’Israël lance alors la première attaque. Ce n’est pas du domaine de l’impossible, bien que certains commentateurs disent maintenant que la guerre va commencer par le Liban et la Syrie sous forme de guerre frontalière classique, ce qui servira de prétexte ensuite à une escalade des opérations militaires.

Fidel Castro Ruz. Hier, 13 octobre, une foule a accueilli Ahmadinejad au Liban en héros national. J’ai lu une dépêche là-dessus ce matin.

On connaît aussi les inquiétudes d’Israël à ce sujet, car les Libanais sont des combattants, qui possèdent trois fois plus de missiles à réaction que lors du précédent conflit avec ce pays, et les techniciens israéliens disent qu’il leur faut l’aviation pour combattre ces projectiles et qu’Israël ne pourrait attaquer l’Iran que pendant quelques heures, et non pendant trois jours, car il faudrait fairea attention au danger des projectiles libanais. Les Israéliens, de ce point de vue, sont de plus en plus inquiets, parce que ces armes font partie de l’arsenal classique des Iraniens. Ceux-ci possèdent par exemple des centaines de lance-missiles contre des bâtiments de surface du côté de la Mer caspienne. Or, on sait, depuis la guerre des Malouines, qu’un bâtiment de guerre peut se défendre contre un, deux ou trois missiles, mais qu’il est incapable de résister à une pluie de projectiles. Les Iraniens possèdent des bâtiments rapides conduits par des gens bien entraînés, car cela fait trente ans que ce pays prépare ses gens et qu’il a mis au point des armes classiques efficaces.

Durant la dernière guerre mondiale, avant l’apparition des armes nucléaires, plus de cinquante millions de personnes ont été tuées par des armes classiques.

Une guerre aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celles du XIXe siècle, avant l’apparition de l’arme nucléaire. Et elles étaient déjà extrêmement destructives. Les armes nucléaires sont apparues à la dernière minute, parce que Truman a voulu les employer, faire un essai avec la bombe d’Hiroshima, dont la masse critique provenait de l’uranium, tandis que celle de la bombe de Nagasaki est née du plutonium. Toutes deux ont tué environ cent mille personnes d’un coup, sans parler de la quantité de gens qui sont décédés ensuite par blessures et irradiation, et qui en souffrent les effets depuis de longues années.

De plus, une guerre nucléaire provoquerait un hiver nucléaire. Je vous parle des dangers que représenterait une guerre par ses dommages immédiats. Mais il suffirait d’une quantité d’armes limitée, par exemple celles que possèdent les deux puissances qui en ont le moins, l’Inde et le Pakistan, pour provoquer un hiver nucléaire qui durerait de huit à dix ans et auquel aucun être humain ne survivrait. En quelques semaines, on ne verrait plus la lumière du soleil.

L’homme est sur la Terre depuis moins de deux cent mille ans. Jusqu’ici, tout se déroulait d’une manière normale, les lois de la Nature jouaient, les lois de la vie se développaient sur notre planète Terre depuis plus de trois milliards d’années. Selon toutes les études, l’existence de l’homme sur la Terre, de l’Homo sapiens, de l’être intelligent ne représente dans le temps que les huit dixièmes d’un million. Voilà deux cents ans, on ignorait virtuellement tout. Aujourd’hui, on connaît les lois qui régissent l’évolution des espèces. Les scientifiques, les théologiens, voire les religieux les plus sincères, qui se faisaient au départ l’écho de la campagne des grandes institutions religieuses contre la théorie de Darwin, acceptent aujourd’hui les lois de l’évolution comme réelles, sans que cela leur ait interdit de professer leurs croyances dans lesquelles les gens trouvent bien souvent une compensation à leurs souffrances les plus vives.

Je crois que personne au monde ne désire l’extinction de l’espèce humaine. Voilà pourquoi je suis d’avis qu’il faut faire disparaître non seulement les armes nucléaires, mais aussi les armes classiques. Il faut offrir des garanties de paix à tous les peuples, sans distinction, aussi bien aux Iraniens qu’aux Israéliens, et il faut distribuer les ressources de la Nature. Il le faut ! Je ne dis pas que ça va se faire, ni que ce soit facile à faire, mais il n’y a pas d’autres solutions pour l’humanité, dans un monde limité en étendue et en ressources déterminées, même si toutes les forces scientifiques sont capables de se développer pour créer des sources d’énergie renouvelables. Le monde compte presque sept milliards d’habitants : il faut mettre en place une politique démographique. Il faut en fait bien des choses. Quand vous les placez toutes ensemble les unes à côté des autres, vous vous posez la question : L’être humain sera-t-il capable de le comprendre et de surmonter toutes ces difficultés ? Vraiment, seul l’enthousiasme peut pousser quelqu’un à dire qu’on va faire face à un tel problème et le régler facilement.

 

Michel Chossudovsky. Ce que vous avez dit au sujet de Truman est extrêmement important. Truman avait dit qu’Hiroshima était une base militaire et que les civils ne souffriraient pas.

…La notion des dommages collatéraux, qui semble la continuation de la doctrine nucléaire depuis 1945. Je veux dire : pas au niveau de la réalité, mais au niveau de la doctrine et de la propagande. L’argument en 1945 a été en effet le suivant : nous allons sauver l’humanité en tuant cent mille personnes et en niant qu’Hiroshima est une ville civile, non une base militaire. Mais, de nos jours, la falsification est bien sophistiquée, plus généralisée, et l’arme nucléaire est bien plus avancée. Ainsi donc, quand nous parlons de l’avenir de l’humanité et de la menace d’une guerre nucléaire à l’échelle planétaire, il faut comprendre que le mensonge, que la fiction au cœur même du discours politique et militaire nous conduira à une catastrophe sans même que les politiciens comprennent leurs propres mensonges.

Vous avez dit que les êtres humains intelligents existent depuis deux cent mille ans. Mais cette intelligence traduite au niveau des institutions, de la presse, des services de renseignement, des Nations Unies devient le facteur qui va nous détruire, parce que vous finissez pas croire vos propres mensonges, et la guerre nucléaire surviendra sans même que nous nous rendions compte que ce sera la dernière, comme l’avait dit Einstein clairement : Une guerre nucléaire menace la survie de l’humanité, et c’est là la menace mondiale. »

Fidel Castro Ruz. Ce sont de très bonnes paroles, professeur : le dommage collatéral, en l’occurrence, ce serait tout bonnement l’humanité. La guerre est un crime, il n’y a pas besoin d’une nouvelle loi, car, depuis Nuremberg on la considère comme le plus grand crime contre l’humanité et la paix, le plus horrible de tous les crimes.

 

Michel Chossudovsky. Les textes de Nuremberg le disent clairement : « La guerre est un acte criminel, c’est l’acte de guerre suprême contre la paix. » Ce texte de Nuremberg est très souvent cité. Après la guerre, les Alliés voulaient l’utiliser contre les vaincus. Je ne dis pas que ça ne soit pas valable, mais le fait est que les crimes qu’ils ont commis, eux, contre l’Allemagne, contre le Japon, personne n’en parle.

Fidel Castro Ruz. Et avec l’arme nucléaire, dans le second cas.

 

Michel Chossudovsky. Bref, c’est pour moi une question extrêmement importante. Si nous voulons former une contre-alliance pour la paix, la criminalisation de la guerre me paraît fondamentale. Il faut abolir la guerre, éliminer cet acte criminel.

Fidel Castro Ruz. Qui juge les principaux criminels ?

 

Michel Chossudovsky. Le hic, c’est qu’ils contrôlent aussi les cours de justice, et les juges sont aussi des criminels. Que pouvons-nous faire ?

Fidel Castro Ruz. Je dis que ça fait partie de la bataille d’idées.

Et maintenant, il faut exiger que le monde ne soit pas conduit à une catastrophe nucléaire ; maintenant, il s’agit de préserver la vie. Je ne sais, mais je suppose que si les gens prennent conscience que leur propre existence, celle de leur peuple, celle de leurs être les plus chers, jusqu’aux chefs militaires des USA changeraient d’avis, même s’ils ont été formés dans leurs écoles à obéir à des ordres, bien souvent génocidaires, comme cet emploi d’armes nucléaires tactiques ou stratégiques…

Comme tout ceci est insensé, aucun politique n’est exonéré du devoir de faire connaître ces vérités à la population. Il faut y croire ; sans ça, il n’y aurait rien pour quoi se battre.

 

Michel Chossudovsky. Je crois que ce que vous dites, c’est que, au moment actuel, le grand débat historique de l’humanité est le danger d’une guerre nucléaire qui menace son avenir et que tout débat sur les besoins essentiels ou sur l’économie exige qu’on évite la guerre et qu’on instaure la paix mondiale afin qu’il soit possible de planifier le niveau de vie à l’échelle mondiale à partir des besoins de base. Et que si nous ne solutionnons pas la question de la guerre, le capitalisme ne pourra pas non plus survivre. Est-ce bien ça ?

Fidel Castro Ruz. Non, compte tenu des analyses que nous avons faites, il ne pourra pas survivre. Le système capitaliste et l’économie de marché qui lui donne vie ne vont pas disparaître du jour au lendemain, mais l’impérialisme fondé sur la force, sur les armes nucléaires et classiques à technologie de pointe doit disparaître si nous voulons que l’humanité survive.

Tenez, voyez ce qu’il passe aujourd’hui et qui prouve l’énorme désinformation dont le monde est victime : la nouvelle que les trente-trois mineurs chiliens attrapés à sept cents mètres de profondeur ont été sauvés a plongé le monde dans une jubilation énorme. Je me demande : que fera le monde s’il prend conscience qu’il y a 6 877 596 300 personnes à sauver ? Si trente-trois ont provoqué une telle allégresse universelle et si les médias du monde entier ne parlent que de ça ces jours-ci, pourquoi ne sauve-t-on pas les presque sept milliards de personnes attrapés par le terrible péril de disparaître et de souffrir une mort aussi horrible qu’à Hiroshima et à Nagasaki ?

 

Michel Chossudovsky. Vous entrez là dans la couverture médiatique que l’on fait de différents événements et de la propagande qui en émane.

Je pense que les Chiliens ont mené une opération humanitaire fantastique. Mais si une menace comme celle que vous dites pèse sur l’humanité, alors, elle devrait faire la une de tous les journaux du monde, parce que la victime est l’ensemble de l’humanité qui pourrait souffrir les conséquences d’une décision prise par un simple général à trois étoiles. Oui, c’est un fait que les medias, surtout occidentaux, cachent la question la plus grave qui concerne potentiellement le monde entier, à savoir le danger d’une guerre nucléaire que nous devons, hélas, prendre au sérieux parce qu’Obama aussi bien qu’Hillary Clinton ont dit qu’ils avaient l’idée d’employer l’arme nucléaire dans une guerre dite préventive contre l’Iran.

Alors, que répondons-nous ? Que dites-vous à Hillary Clinton et à Barack Obama au sujet du recours unilatéral éventuel à l’arme nucléaire contre l’Iran, un pays qui ne représente aucun danger pour personne ?

Fidel Castro Ruz. Je sais deux choses. Ce qui a été discuté, ce qui a été révélé ces jours-ci, les fortes discussions au sein du Conseil de sécurité nationale des USA. C’est toute la valeur du livre de Woodward qui révèle comment se sont déroulées ces discussions. On connaît la position de Biden, d’Hillary, d’Obama… En tout cas, celui qui s’est montré le plus résolu contre l’extension de la guerre, qui a discuté avec les militaires, c’est Obama. C’est un fait, et j’en ai parlé dans mes dernières Réflexions. Le seul à lui avoir donné un conseil, quelqu’un qui avait été son adversaire en tant que républicain, c’est Colin Powell, qui lui a rappelé que le président des États-Unis, c’était lui. Un conseil encourageant.

Je crois qu’il faut leur faire parvenir à tous ce message dont nous avons parlé : je crois que beaucoup lisent sur Global Research les articles que vous publiez. Je crois qu’il faut les divulguer. Et, compte tenu de nos conversations, je me réjouis à l’idée de les faire connaître, et de faire connaître vos arguments, vos raisonnements, car il existe à mon avis un énorme déficit d’information pour les motifs que vous avez expliqués.

Nous, il faut que nous inventions. Quelles seraient les meilleures manières de faire connaître tout ça. À leur époque, les apôtres n’étaient que douze et ils ont entrepris de divulguer les enseignements qu’un prédicateur leur avait transmis. Bien entendu, ils avaient des centaines d’années devant eux ; nous, en revanche, nous ne les avons pas. J’ai consulté la liste des plus de vingt personnalités qui collaborent à Global Research, des gens prestigieux, assurément, qui soulèvent les mêmes points, mais elles ne disposent pas de centaines d’années. Non, le temps est vraiment très court.

 

Michel Chossudovsky. Le mouvement contre la guerre aux USA, au Canada et en Europe est très divisé. Certains pensent que la menace vient d’Iran, que ce sont des terroristes ; il y a beaucoup de désinformation au sein du mouvement antibelliciste.

Même au Forum social mondial, ce problème de la guerre nucléaire ne fait pas partie des débats chez les gens de gauche, les progressistes. Durant la Guerre froide, on en parlait et les gens en étaient conscients.

À la dernière réunion des Nations Unies sur la non-prolifération, l’accent a été mis sur la menace nucléaire provenant non des États, mais des terroristes. Le président Obama disait que la menace vient d’Al Qaeda qui possède l’arme nucléaire. Si vous lisez les discours d’Obama, vous verrez qu’il insinue que les terroristes sont capables de fabriquer de petites bombes nucléaires, ce qu’ils appellent une bombe sale… Bref, l’accent est absolument modifié.

Fidel Castro Ruz. C’est ce qu’on lui dit, c’est ce que veulent lui faire croire les gens qui l’entourent.

Tenez, qu’est-ce que je fais de mes Réflexions ? Je les distribue aux Nations Unies, je les envoie à tous les gouvernements, celles qui sont courtes, bien entendu, et je sais que beaucoup de gens les lisent. La question est de savoir si vous dites la vérité ou non. Bien entendu, quand vous réunissez toute cette information sur un problème plus concret, ça a plus d’impact. Parce que les Réflexions abordent plusieurs problèmes, et ça se dilue. Je crois que, de mon côté, je dois me concentrer davantage sur les choses essentielles, parce que vous ne pouvez pas tout aborder.

 

Michel Chossudovsky. J’aimerais vous poser une question, parce qu’il y a une question fondamentale relative à l’histoire de la Révolution cubaine. J’estime que ce débat sur l’avenir de l’humanité fait aussi partie du discours révolutionnaire. Si la société dans son ensemble est menacée par une guerre nucléaire, alors il faut provoquer une révolution de la pensée et des actions pour pouvoir contrer cette menace.

 

Fidel Castro Ruz. Il faut dire, je le répète, que l’humanité est à huit cents mètres de profondeur et qu’il faut la tirer de là. Qu’il faut faire une sorte d’opération de sauvetage. Voilà le message que nous devons transmettre à beaucoup de gens. Si beaucoup de gens le pensent, alors ils vont faire ce que vous faites et vont appuyer les mêmes causes que vous, et ça ne dépendra plus seulement de ceux qui le disent.

Il faut inventer la manière de toucher les masses les plus conscientes. La solution, ce ne sont pas les journaux. Internet existe, il est plus économique, il est plus accessible. Tenez, je vous ai découvert sur Internet en cherchant des nouvelles, pas à travers les agences de presse, les organes de presse ou CNN, mais à travers un bulletin que je reçois tous les jours contenant des articles publiés sur Internet. Plus de cent pages tous les jours.

Hier, vous disiez qu’aux USA, il y a quelque temps, les deux tiers de l’opinion publique étaient contre la guerre en Iran, et que maintenant la moitié et quelque était en faveur d’actions militaires contre ce pays

 

Michel Chossudovsky. Ce qu’il s’est passé ces derniers mois, c’est qu’on a dit : « Oui, c’est vrai, la guerre nucléaire est très dangereuse, c’est un danger, mais la menace vient d’Iran. » On a vu des affiches à New York qui disaient : « Dis non à un Iran nucléaire ! » Autrement dit, ces affiches présentaient l’Iran comme une menace à la sécurité du monde, alors que ce pays ne possède même pas l’arme nucléaire ! Voilà où nous en sommes. The New York Times a même publié en début de semaine un article où il est dit que les assassinats politiques sont légaux.

Alors, quand vous avez une presse qui vous présente des choses de ce genre, avec le tirage qu’elle a, vous avez fort à faire pour lutter contre. Nous n’avons pas la possibilité d’inverser ce processus à travers les médias alternatifs. D’autant qu’une bonne partie de ces médias alternatifs sont financés maintenant par le pouvoir économique.

Fidel Castro Ruz. N’empêche qu’il faut se battre !

 

Michel Chossudovsky. Absolument. Le message que vous avez fait hier, c’est qu’en cas de guerre nucléaire le dommage collatéral serait tout bonnement l’humanité.

Fidel Castro Ruz. Oui, l’humanité, la vie de l’humanité.

 

Michel Chossudovsky. C’est vrai qu’Internet doit continuer de fonctionner comme un instrument de divulgation pour que cette guerre n’éclate pas.

Fidel Castro Ruz. C’est la seule manière de l’empêcher, si nous croyons en l’opinion mondiale. C’est comme l’exemple que je vous ai donné : il y a presque sept milliards de personnes coincées à huit cent mètres de profondeur. Nous devons utiliser la comparaison avec le Chili pour divulguer ces vérités.

 

Michel Chossudovsky. J’aime la comparaison que vous faites entre le sauvetage des trente-trois mineurs chiliens, qui ont eu droit à une couverture médiatique colossale, et le sauvetage de presque sept milliards de personnes coincées à huit cents mètres sous terre, dont aucun média ne parle et qui ne comprennent pas ce qu’il se passe, mais qu’il faut sauver, parce que l’ensemble de l’humanité est menacée par les armes nucléaires des USA et de leurs alliés qui vont jusqu’à dire qu’ils sont prêts à y recourir…

Fidel Castro Ruz. Et ils vont y recourir s’il n’y a pas d’opposition, de résistance. Ils se trompent, ils sont drogués par leur supériorité militaire et la technologie moderne, et ils ne savent pas ce qu’ils font. Ils n’en comprennent pas les conséquences, ils croient que tout ça peut se maintenir. C’est impossible.

 

Michel Chossudovsky. Ou alors ils pensent que c’est une arme classique quelconque.

 

Fidel Castro Ruz. Oui, ils se trompent eux-mêmes et ils pensent qu’on peut continuer d’employer cette arme. Ils se trompent d’époque, ils ne se rappellent pas ce que disait Einstein, qu’il ne savait pas avec quelles armes on lutterait dans la troisième guerre mondiale, mais que dans la quatrième, ce serait avec des bâtons et des pierres. Et moi, j’ai juste ajouté : « sauf qu’il n’y aura plus personne pour manier les bâtons et les pierres ». C’est la réalité. Je l’ai écrit dans le bref discours que vous m’avez suggéré d’écrire.

 

Michel Chossudovsky. Le problème que je vois, c’est que le recours à l’arme nucléaire ne va pas forcément conduire à la fin de l’humanité du jour au lendemain, parce que les retombées radioactives sont un phénomène graduel.

Fidel Castro Ruz. Redites ça, je vous prie.

 

Michel Chossudovsky. L’arme nucléaire a plusieurs conséquences : 1) l’explosion et la destruction sur le théâtre d’opération, ce qui s’est passé à Hiroshima ; 2) la radioactivité qui s’étend graduellement. .

Fidel Castro Ruz. Oui, l’hiver nucléaire, pour ainsi dire. Le prestigieux chercheur étasunien, Alan Robock, professeur émérite à l’Université Rutgers, de New Jersey, a démontré d’une manière irréfutable qu’une guerre entre deux des huit puissances nucléaires possédant le moins d’armes nucléaires provoquerait un « hiver nucléaire ».

Il a fait cette découverte à la tête d’un groupe de chercheurs qui ont utilisé des modèles informatique ultra-scientifiques.

Il suffirait de l’éclatement de cent armes nucléaires stratégiques – sur les 25 000 que possèdent les huit puissances mentionnées –pour provoquer des températures inférieures à zéro sur toute la planète et une longue nuit qui durerait environ huit ans. C’est quelque chose de si terrible, estime Robock, que les gens tombent dans un « état de déni, qu’ils ne veulent pas penser à ça, qu’ils préfèrent simuler que ça n’existe pas ». Il me l’a dit personnellement, au cours d’une conférence internationale qu’il a prononcée et où j’ai eu l’honneur de converser avec lui.

Mais je pars de la thèse suivante : si une guerre éclate en Iran, elle deviendra forcément une guerre nucléaire mondiale. C’est pour ça que je disais hier qu’il n’avait pas été correct de permettre cette résolution au Conseil de sécurité, parce que ça a tout facilité, vous vous rendez compte ?

Une guerre de ce genre aujourd’hui en Iran ne peut être locale, parce que les Iraniens ne vont pas plier devant la force. Si la guerre se maintient comme guerre classique, les États-Unis et l’Europe ne peuvent pas la gagner, et je soutiens qu’elle deviendra vite nucléaire. Si les USA commettent l’erreur de recourir aux armes nucléaires tactiques, une grande commotion se produirait dans le monde et le contrôle des événements leur échapperait.

Si Obama a dû discuter si dur avec le Pentagone de ce qu’il fallait faire en Afghanistan, imaginez alors sa situation avec les soldats étasuniens et israéliens se battant contre des millions de combattants iraniens… Les Saoudiens ne vont pas se battre en Iran, ni les Pakistanais ni d’autres soldats arabes ou musulmans. Et il se peut que les Yankees aient de sérieux conflits avec les tribus pakistanaises qu’ils attaquent et tuent avec leurs drones, et ils le savent. Quand ils lancent des drones contre elles, ils attaquent d’abord et ils avertissent ensuite le gouvernement, pas avant, et c’est une des choses qui irritent le plus les Pakistanais. Il y a là-bas de forts sentiments anti-étasuniens.

Ils se trompent s’ils croient que les Iraniens se rendront s’ils emploient contre eux les armes nucléaires tactiques, et le monde serait vraiment bouleversé quand il sera peut-être trop tard.

 

LES ETATS UNIS NE PEUVENT PAS GAGNER UNE GUERRE CLASSIQUE!

 

Michel Chossudovsky. Ils ne peuvent pas gagner une guerre classique.

Fidel Castro Ruz. Non, ils ne peuvent pas.

 

Michel Chossudovsky. On l’a déjà vu en Iraq, et en Afghanistan, ils peuvent détruire le pays, mais ils ne peuvent pas le gagner d’un point de vue militaire.

Fidel Castro Ruz. Mais le détruire à quel prix ! À quel prix pour le monde ! À quel coût économique ! Ce serait la marche à la catastrophe. Les problèmes que vous avez signalés s’aggravent, et même le peuple étasunien réagirait. Parce que le peuple étasunien, même s’il réagit bien souvent en retard, finit par le faire, et il le ferait devant les pertes, les morts…

Bien des gens appuyaient l’administration Nixon lors de la guerre du Vietnam. Nixon avait même suggéré à Kissinger d’employer l’arme nucléaire contre ce pays, et Kissinger l’a convaincu de ne pas faire ce pas criminel. Les USA ont été contraints de mettre fin à la guerre par le peuple étasunien, ils ont été contraints de négocier et d’abandonner le Sud. L’Iran devrait renoncer au pétrole de la zone. Qu’est-ce que les USA ont abandonné en partant du Vietnam. Des dépenses. Et vous les voyez maintenant de nouveau au Vietnam, achetant du pétrole, faisant des affaires… De nombreuses vies se perdraient en Iran, et les installations pétrolières seraient peut-être détruites dans une grande partie de la région.

 

Dans la situation actuelle, il est très probable qu’ils ne comprennent pas notre message. Si la guerre éclate, je suis convaincu que ni eux-mêmes ni le monde n’y gagneront. Si elle restait une guerre conventionnelle, ce qui est très peu probable, ils la perdraient irrémédiablement ; et si elle devenait nucléaire, c’est toute l’humanité qui la perdrait.

 

Michel Chossudovsky. L’Iran a des forces classiques tout à fait significatives.

Fidel Castro Ruz. Des millions d’hommes.

 

Michel Chossudovsky. Des forces terrestres, mais aussi des missiles et des possibilités de se défendre.

Fidel Castro Ruz. Tant qu’il restera un homme avec un fusil, c’est un ennemi qu’ils devront vaincre…

 

Michel Chossudovsky. Et il y a des millions de gens avec des fusils. Et plusieurs millions de fusils.

Fidel Castro Ruz. Des millions. Et Washington devrait sacrifier de nombreuses vies étasuniennes, et ce serait alors, hélas, que le peuple réagirait, quand il serait trop tard. Il faut l’écrire, il faut le divulguer dans toute la mesure de nos possibilités. Rappelez-vous que les chrétiens étaient persécutés, enfermés dans les catacombes, assassinés, lancés dans la fosse aux lions, qu’ils ont refusé pendant des siècles de renier leur foi, et que ce sont eux ensuite qui ont fait pareil aux musulmans sans jamais parvenir à les faire plier.

Il existe de nos jours une guerre réelle contre les musulmans. Comment peut-on oublier ainsi les leçons de l’Histoire ? J’ai lu beaucoup d’articles de vous sur les dangers de cette guerre.

 

Michel Chossudovsky. Revenons à l’Iran. Ce que je crois très important, c’est que l’opinion mondiale comprenne le scénario de la guerre. Vous dites clairement que les USA perdront la guerre classique, comme ils sont en train de la perdre en Iraq et en Afghanistan, parce que l’Iran dispose de bien plus de forces classiques que l’OTAN.

Fidel Castro Ruz. Bien plus expérimentées et motivées. Les USA sont actuellement en guerre en Afghanistan et en Iraq, mais il y a une troisième guerre qu’ils ne mentionnent pas : les Pakistanais appartenant à la même ethnie que celle qui résiste en Afghanistan, et qu’ils considèrent perdue, comme on peut le constater par les discussions à la Maison-Blanche, selon les révélations du livre de Woodward, Les guerres d’Obama. Imaginez alors un peu qu’on y ajoute la guerre qu’ils devront livrer en Iran pour liquider ce qui restera après les premières frappes !

Donc, les USA se retrouveront soit dans une situation de guerre classique qu’ils ne peuvent pas gagner, soit contraints à une guerre nucléaire mondiale, dans des conditions qui provoqueraient une terrible commotion dans le monde. Je ne sais vraiment pas qui pourrait justifier le genre de guerre qu’ils doivent faire. Ils ont comptabilisé quatre cent cinquante objectifs à détruire en Iran, dont certains par des ogives nucléaires tactiques à cause de leur emplacement dans les montagnes ou de la profondeur où ils se trouvent. Bien des personnels russes et d’autres nationalités qui collaborent avec les Iraniens périraient.

Comment réagirait l’opinion mondiale face à cette frappe que les médias ont stimulée d’une manière tout à fait irresponsable avec le soutien de nombreux Étasuniens ?

 

Michel Chossudovsky. Par ailleurs, l’Iran, l’Iraq, l’Afghanistan sont tous des pays voisins. L’Iran a des frontières avec l’Afghanistan et avec l’Iraq, tandis que les USA et l’OTAN ont des installations militaires dans les pays qu’ils occupent. Que va-t-il se passer ? Les troupes iraniennes franchiront les frontières aussitôt, je présume…

Fidel Castro Ruz. Je ne sais pas quelle tactique suivra l’Iran. Mais si j’étais eux, je ne concentrerai pas mes troupes, parce qu’elles seraient alors victimes plus faciles de l’attaque aux armes nucléaires tactiques. Compte tenu de cette menace, le mieux serait que l’Iran utilise une tactique pareille à celle que nous avons employée dans le Sud de l’Angola quand nous avons soupçonné que l’Afrique du Sud disposait d’armes nucléaires : nous avons créé des groupes tactiques de mille combattants dotés d’une puissance de feu terrestre et antiaérienne. Ainsi, les armes nucléaires n’auraient jamais pu frapper des concentrations de soldats. Et les missiles à réaction et d’autres armes similaires appuyaient nos forces. Les armes et le terrain changent, et les tactiques doivent changer constamment.

 

Michel Chossudovsky. Des troupes dispersées, donc.

Fidel Castro Ruz. Dispersées, mais pas des hommes isolés. Un millier d’hommes dotés des armes adéquates, sur un terrain sablonneux : dès qu’ils arrivaient quelque part, ils devaient creuser et se protéger sous terre, en gardant toujours la plus grande distance entre les composants. Nous n’avons jamais offert à l’ennemi l’occasion de frapper un coup décisif sur les 60 000 soldats cubains et angolais dans le sud du pays.

Ce que nous avons fait dans ce pays frère, c’est ce qu’une armée de cent mille hommes aurait fait selon des critères traditionnels. Nous n’étions pas cent mille dans le Sud angolais, mais 60 000 entre Cubains et Angolais. Compte tenu des exigences techniques, les groupes tactiques étaient constitués principalement de Cubains, parce qu’ils conduisaient les chars, maniaient les missiles, la DCA, les communications, mais l’infanterie, elle, était formée de soldats cubains et angolais, dotés d’un grand esprit de lutte, qui n’ont pas hésité un instant à faire face à l’armée blanche de l’apartheid appuyée par les USA et Israël. Qui manipulait les nombreuses armes nucléaires existant alors ?

En Iran, des nouvelles révèlent que les gens creusent des trous, et quand on le leur demande, ils répondent qu’ils font des cimetières pour enterrer les envahisseurs. Je ne sais pas si c’est de l’ironie, mais je crois qu’ils doivent vraiment creuser beaucoup pour protéger leurs forces de l’attaque dont on les menace.

 

Michel Chossudovsky. Mais l’Iran peut mobiliser plusieurs millions de combattants.

Fidel Castro Ruz. Ce ne sont pas seulement les troupes qui sont décisives, mais aussi les postes de commandement. À mon avis, la déconcentration est très importante. Les attaquants s’efforceront d’empêcher la transmission des ordres. Chaque unité de combat doit savoir d’avance ce qu’elle doit faire en toutes circonstances. L’attaquant s’efforcera de frapper et de désarticuler la chaîne de commandement par ses armes radioélectroniques. Il faut tenir compte de tous ces facteurs. L’homme n’a jamais connu une telle expérience.

En tout cas, l’Afghanistan et l’Iraq sont des bagatelles comparées à ce qu’ils vont trouver en Iran : l’armement, l’entraînement, la mentalité, le type de soldat… Si, voilà trente et un ans, les soldats iraniens nettoyaient les champs de mines en marchant dessus, ils seront sans aucun doute les adversaires les plus redoutables auxquels se heurteront les Étasuniens.

 

(Traduction de l’espagnol par Cuba Debate.)

Par Jacques Lacaze - Publié dans : Idées Débats
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 14 septembre 2010 2 14 /09 /Sep /2010 10:31

 Après 50 ans d'embargo, une prestigieuse

revue médicale états-unienne

reconnaît que les résultats

du système de santé cubain sont comparables

à ceux des pays développés et

les meilleurs du continent


Un article publié le 30 avril 2010 par des professeurs de l'Ecole de médecine de l'Université de Stanford dans la revue Science, une des plus prestigieuses dans le monde scientifique, affirme que « malgré l'impact des restrictions sur l'approvisionnement en médicaments et matériel médical, les résultats sanitaires de Cuba sont comparables à ceux des pays développés ».


L'article prend en exemple les politiques et les résultats sanitaire du Cuba issu de la Révolution. Il apparaît qu'en 1983, Cuba produisait plus de 80% de ses médicaments à partir des matières premières chimiques importées d'Union Soviétique et d'Europe et les cas de carence en médicaments étaient rares. Pendant les trente premières années d'embargo, l'espérance de vie a augmenté de 12,2 ans. Mais après l'effondrement de l'Union Soviétique en 1989 et le durcissement de l'embargo avec les lois « Torricelli » en 1992 et « Helms-Burton » en 1996, les conditions pour le développement du système sanitaire cubain ont empiré et plusieurs manifestations épidémiques ont eu lieu, certaines liées à la mal-nutrition.


LES SANCTIONS CONTRE LE PEUPLE CUBAIN

Mais l'impact des sanctions a une influence seulement relative sur le succès de Cuba dans d'autres aspects de la prestation de soins. En dépit de l'embargo, Cuba a obtenu des résultats dans le domaine de la santé meilleurs que ceux de la majorité des pays latino-américains et comparables à ceux des pays développés. Cuba a l'espérance de vie la plus élevée (78,6 ans), la plus forte densité de médecins (58 pour 10 000 habitants), et le taux de mortalité infantile le plus bas des 33 pays d'Amérique Latine et des Caraïbes.


FAIRE MIEUX AVEC MOINS: C'EST POSSIBLE !

Et tout cela avec un coût bien plus réduit. En 2006, le gouvernement cubain a investi pour la santé 355 dollars par habitant, 7,1% du Produit intérieur brut (PIB). Le coût annuel des dépenses de santé aux Etats-Unis a été pour la même année de 6 714 par habitant, 15,3% du PIB du pays. Cuba a également dépensé moins pour la santé que la plupart des pays européens.


LA PREVENTION.

Cela est du en particulier à l'attention que le système cubain a porté à la prévention pendant l'embargo. Sur le plan de la prévention, Cuba possède un des systèmes sanitaires les plus efficaces du monde. Par l'éducation de la population à la prévention des maladies et à la promotion de la santé, les cubains dépendent beaucoup moins de l'approvisionnement en médicaments dans le maintien de leur état de santé. Tout le contraire de ce qui se passe aux Etats-unis, qui dépendent largement des médicaments et des technologies dans le maintien de la santé de la population, mais pour un coût beaucoup plus élevé.


EXPERIENCE A MEDITER !

L'article conclut en conseillant aux Etats-unis, qui cherchent actuellement à réformer le système de santé, d'apprendre de Cuba une leçon importante concernant le développement d'un système de santé réellement universel et qui donne la priorité à la prévention.


Il faudrait ajouter que de nombreux pays européens pourraient également tirer comme leçon que le système sanitaire public donne de meilleurs résultats que celui privé, même du point de vue financier.

 

 

 

Par Jacques Lacaze - Publié dans : Idées Débats - Communauté : santé-medecine
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Jeudi 6 mai 2010 4 06 /05 /Mai /2010 10:08

 

Étude de Médecine sur les liens

existant entre biologie individuelle,

                   santé et prévention

Pas un jour sans qu'un média médical n'annonce le rôle du variant d'un gène dans telle ou telle maladie voire dans notre comportement ou psychisme, c'est la Médecine
prédictive, mise en marche grâce aux travaux initiateurs de Jean Dausset sur le système HLA. Cette médecine repose sur et érige le gène-objet en facteur de risque.
La génétique sur laquelle elle repose, n'est toutefois que la version ultime d'un concept déterministe sans objet réel. L'efficacité de ce concept a atteint ses limites, il doit être rapidement prolongé puis remplacé.

Historiquement le gène n'est qu'une hypothèse opérationnelle issue des travaux de
Mendel du milieu du 19e siècle, peu après que Darwin ne publie en 1859 L'origine des espèces. Il est devenu maintenant un objet supposé, mais un objet physique dont les limites conceptuelles et technologiques sont indéfinies et variables ! (...)

Voici le sommaire:


- Prologue

- Introduction
I) Les mots pour créditer et réfléchir la Prévention
Prédictive
II) La prévention d'aujourd'hui et ses limites
III) La médecine prédictive : coup de poker sur le gène qui emporte tout
IV) Un pari technologique en l'absence des vraies observables : les phénotypes intermédiaires ou NODS (noeuds déterminants de Santé)
V) C'est une histoire millénaire ... la difficulté de décrire le réel
VI) Rénover le concept de fonction : du système à la fonction
VII) Evolution Système Fonction Maladie
VIII) Un cas exemplaire : le système immunitaire
IX) Miroir, réfléchis moi la Santé pour Prévoir
X) Les valeurs optimales Santé (VOS) du métabolisme cellulaire
XI) Notre corps neuronal fait de la résistance
XII) Proposition de la Prévention par la Prévision
XIII) L'efficience prévisionnelle résulte d'un mécanisme de transition
d'état
- Epilogue

- Conclusion
- Bibliographie
- Glossaire

 

Vous pouvez télécharger l'ouvrage (12€)    sur le site:  link 

 

Le Docteur Dumont présente son ouvrage et son parcours:

 

Résumé du livre :

La prédiction génétique des maladies et sa technologie ignorent l’imprévisibilité d’un individu. Cette méthode s’avérera donc paradoxalement inefficace pour prévoir notre santé !

Seul un modèle cohérent avec l’Hérédité, c'est-à-dire l’histoire adaptative des chemins biologiques et leur évolution durant plus de 5 milliards d’années fonctionne comme l’état de Santé. Car par nature il tient compte de  la prévisibilité de cette évolution. Sur son horizon on peut alors apercevoir les risques Santé futurs.

Remplacer la prédiction par la prévision se heurte à une attente  primordiale : que la réalité soit compréhensible et donc réduite et maîtrisée par notre cerveau !

Les racines de cette attente remontent en des temps immémoriaux !

Tout comme l’ont admis les sciences physico - chimiques du 20é siècle, la médecine et les sciences biologiques doivent admettre qu’elles ne peuvent avoir accès à cette réalité qu’à travers les notions de probabilité et de réel voilé cher au physicien Bernard d’Espagnat.

Une réflexion approfondie sur cette fin des certitudes permettra alors à la biologie et la médecine de faire face à l’évolution nécessaire de leurs concepts.

 

L’auteur :

J’exerce une médecine non spécialisée depuis 1982. J’ai passé ma thèse en 1983, faculté de médecine de Lille II, intitulée : « La psychopathologie dans 100 familles de schizophrènes. Génétique, biochimie, étiopathogénie » dans laquelle j’avais suggéré l’existence de cellules souches dans le cerveau et très succinctement ébauché l’hypothèse d’une théorie structurale. Cette thèse était née de la rencontre, au cours de mon stage de médecine générale, d’un collègue ayant une vision évolutive et adaptative de la physiopathologie.

Ce parcours médical a été précédé de l’enseignement préparatoire et des concours aux grandes écoles, qui sont à l’origine de mon intérêt constant pour la biologie ( entre autres vers la cancérologie, la médecine dite prédictive, l’immunologie….).

A l’instar d’un ingénieur qui ne peut ignorer les mathématiques, un médecin doit s’intéresser à la biologie et ses progrès.

La confrontation à la littérature scientifique m’a démontré alors que la biologie individualisée fondait l'identité d'une personne et constituait le fil conducteur de sa santé.

Ce livre vient de cette critique réciproque entre observation clinique journalière et biologie, puis de la conviction que la prévention est probablement le seul futur d’un système de soins à reconstruire pour qu’il soit accessible et efficace pour le maintien de la Santé du plus grand nombre.

Toutefois, si ce constat est répété à l’envie suite à l’emballement des dépenses de soins, ses zélateurs de tous bords ( politiques, acteurs de santé publique, chantres de la génétique prédictive ) occultent le problème de la pertinence des concepts et de la méthode en vigueur de cette prévention, en oubliant surtout qu’il n’existe actuellement aucune définition opérationnelle de la Santé pour précisément l’atteindre.

Par Jacques Lacaze - Publié dans : Idées Débats - Communauté : santé-medecine
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 14 novembre 2009 6 14 /11 /Nov /2009 12:49
Dans sa lettre du 25 septembre 2008 au médecin conseil de la sécurité sociale de Cergy, le Docteur Julien Blain, fait une mise au point remarquable sur les médicaments génériques.
Elle peut être lue en cliquant sur:
Sur-les-g-n-riques--Dr-J.-Blain.pdf Sur-les-g-n-riques--Dr-J.-Blain.pdf
Par Jacques Lacaze - Publié dans : Idées Débats - Communauté : santé-medecine
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /Oct /2009 10:06

L'article ci-dessous m'a été envoyé par: Gilles Mercier Travailleur scientifique, membre du PCF à Vitry. Le quotidien l'Humanité a refusé de le publier sans justification, me déclare l'auteur. Comme il ouvre un vrai débat, je le publie, et j'espère qu'il provoquera des réactions...

Jacques Lacaze

 

Les idées dominantes

sont celles de la classe dominante


     L’Homme par son activité industrielle serait responsable du réchauffement climatique. Cette affirmation repose sur le travail du GIEC. Or, le GIEC n’est pas une institution scientifique, mais une création politique. Ses membres nommés par les gouvernements ne sont pas tous des scientifiques. Le but du GIEC n’est pas de déterminer les causes du réchauffement climatique, « mais d’expertiser l’information scientifique, technique et socio-économique qui concerne le risque de changement climatique provoqué par l’homm». Fort de sa lettre de mission, le GIEC n’a de cesse de démontrer le bien fondé du présupposé qui a amené sa création. Le discours du GIEC ne constitue pas une vérité scientifique.

     Il n’y a aucun consensus scientifique sur l’origine du réchauffement climatique. L’appel d’Heidelberg (1992), la déclaration de Leipzig (1996), la pétition de l’Oregon (1998), sont autant de manifestations de scientifiques qui ont tenu à marquer publiquement leur opposition aux conclusions du GIEC. Cette opposition s’est structurée en se constituant en Groupement Non Gouvernemental d’Etude sur le Climat, qui vient de rendre public cette année son second rapport. Pour ces scientifiques, il n’existe aucune certitude d’une responsabilité majeure du C02 dans le réchauffement climatique. Ce dernier serait la conséquence de phénomènes naturels encore insuffisamment compris, qui sont à l’origine de l’alternance de périodes de refroidissement et de réchauffement que la terre connait depuis des millions d’années.

     Qu’il n’y ait pas unanimité chez les scientifiques sur l’origine du réchauffement n’a rien d’étonnant. Il en est souvent ainsi en recherche. Mais il n’y a aucun débat scientifique. Il y a une science officielle avec ses scientifiques bien en cours dont les médias et la presse distillent en permanence le discours. Ceux qui pensent différemment n’existent pas. Le pouvoir politique en France avec le Pacte pour la recherche et la LRU vassalise la totalité des institutions scientifiques.   Le CNRS n’est plus un organisme de débats scientifiques. Certains scientifiques peuvent trouver intérêt à s’inscrire dans la pensée dominante. Ils y gagnent financements et notoriété.

     Quel peut être l’intérêt pour la bourgeoisie de valoriser la thèse du réchauffement climatique d’origine humaine ?

 - En 1972, le Club de Rome commandita le rapport « Halte à la croissance »  afin de justifier les fermetures massives d’entreprises. Ce rapport sous prétexte de protection de l’environnement était un hymne à la décroissance. La force du mouvement de lutte fit que ce rapport ne rencontra aucun écho favorable, aussi bien dans les pays développés que dans les pays en voie de développement. Afin d’intégrer ces derniers à leurs stratégies, les bourgeoisies des pays occidentaux élaborèrent le concept de la préservation de l’environnement dans le développement économique.

- Dans le courant des années 1970 va se forger le concept de l’écodéveloppement puis en 1980 celui du développement durable. La tautologie du développement durable peut se résumer ainsi « le fait d’améliorer les conditions d’existence des communautés humaines, tout en restant dans les limites de la capacité de charge des écosystèmes ». Ce n’est que la reprise ripolinée du rapport du Club de Rome.

     Les forces du capital des pays occidentaux ont fait le choix d’arrêter le développement en Europe. Leurs zones de profit sont ailleurs. La nécessité de réduire l’activité économique afin de réduire la production de gaz à effet de serre pour limiter le réchauffement climatique est l’idéologie d’acceptation de l’austérité. Il faut accepter les sacrifices pour sauver la planète. La taxe carbone et les éco-taxes en sont l’illustration. Les associations écologistes viennent en renfort du pouvoir en martelant l’idée que la sauvegarde de notre environnement dépend d’une somme de comportements individuels. La défense légitime de la nature est instrumentalisée afin de pérenniser l’ordre social. La classe dominante a besoin d’une idéologie intégratrice. Le développement durable est cette idéologie. Qu’importe si elle favorise l’irrationnel, du moment qu’elle permette de pérenniser l’ordre social. La violence sociale, la déréglementation, l’incertitude du lendemain, l’instabilité internationale constituent un terrain favorable aux peurs, à l’irrationnel. Ces peurs sont alimentées par la plupart des associations écologistes qui assimilent modernité et catastrophes et prônent le retour à un passé mythifié.

     Si l’Homme est responsable du réchauffement climatique, il faut alors limiter sinon arrêter la croissance de l’Humanité. C’est dénier aux pays émergents le droit d’accéder à notre niveau de développement, c’est les condamner à rester dans le sous développement et la pauvreté endémique. C’est l’autre raison du soutien des bourgeoisies occidentales à la théorie de réchauffement climatique d’origine humaine : limiter le développement des pays émergents afin qu’ils ne jouent pas un rôle politique correspondant à leur importance économique croissante! L’ordre capitaliste occidental doit être préservé. Il est évident que les pays émergents ne sont pas prêts à accepter le discours des donneurs de leçons. C’est pourquoi, la conférence de Copenhague sera un échec. Il n’y aura pas de Kyoto 2 ! Et alors, quelle importance ! Le climat n’a jamais été immuable. Chaque période de réchauffement a toujours été bénéfique pour la vie (l’ère secondaire l’atteste) et pour l’activité humaine (l’optimum médiéval).

     Personnellement, je crois en la capacité humaine à affronter et résoudre les défis du développement. Lorsque le salariat se lèvera massivement contre un système économique et social qui l’asservit, il balayera toutes ces idéologies de la désespérance qui mettent en cause l’idée même de progrès et contribuera à remettre l’Homme au centre de la société et le monde à l’endroit.

Par Jacques Lacaze - Publié dans : Idées Débats
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Bulletin adhésion APAG

Liévin franchement à gauche

J'ai siègé au Conseil Municipal de Liévin durant 11 ans de mars 2001 à mars 2012. J'ai démissioné le 1er mars 2012: voir ma lettre démission: link. J'ai été élu en 2001 sur une lite soutenue par la fédération du Pas-de-Calais du PCF, puis en 2007 sur une liste soutenue par le PRCF 62. J'ai quitté le PRCF en juin 2009.

Le blog a été créé fin 2007, pour préparer les élections de mars 2008. Il contient beaucoup d'informations, de prise de positions, de documents. Il concerne un tout pett coin de notre histoire, c'est pourquoi, je ne le suprime pas et je propose à mes lecteurs, qui pourraient être intéressés par ces archives, l'adresse:

link-Liévin franchement à gauche

Recommander

Recherche

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés